LES PETITES ROBES NOIRES

MADELEINE ST JOHN

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Les petites robes noires retrace le quotidien des vendeuses de prêt à porter d’un grand magasin de Sydney dans les années 50. Venue en renfort pour le rush de fin d’année en attendant ses résultats d’entrée à l’université, la jeune Lisa Mile va rencontrer ses collègues du rayon robes et particulièrement l’exubérante immigrée yougoslave, Magda qui règne sur la prestigieuse caverne des modèles haute couture…

Les petites robes noires ne sont pas celle de Guerlain non non, elles sont simplement la tenue de travail des vendeuses du grand magasin Goode’s , temple de la mode situé à Sydney où Madeleine St John, nous entraîne avec ce livre qui est une vraie pépite.

Je ne connaissais pas cette auteure décédée en 2006 et je remercie Babelio et les éditions Albin Michel qui me la font découvrir grâce à la masse critique privilégiée.

Je me suis régalée et pourtant j’étais plutôt réticente à l’idée de m’immerger dans un grand magasin en me disant que tout serait futile et inintéressant, comme quoi il faut faire fi des préjugés.

L’auteure nous narre habilement avec humour et amour les coulisses de ces boutiques de prêt à porter féminin avec des femmes venues d’horizons différents. Elles travaillent ensemble, ne s’entendent pas toujours bien et sont toutes vêtues de ces petites robes noires qui sont un peu leur marque de reconnaissance.  Rien ne les distingue à part le rayon où elles sont affectées et leurs vies à l’extérieur, une fois qu’elles ont quitté le grand magasin.

Il y a Patty et Fay qui travaillent au rayon robe de Cocktail sous la houlette de Mademoiselle Jacob dont personne ne sait rien sur sa vie privée. Patty est mariée à un homme pas très malin, ils sont dans une routine de couple ennuyeuse et Patty rêve d’un enfant qui n’arrive pas.

Fay est une célibataire qui enchaîne les soirées sans jamais trouver chaussure à son pied. Elle voudrait un grand amour et un homme qui la demanderait en mariage, elle commence à désespérer. Les deux femmes sont collègues de travail, il leur arrive de se confier quelques bribes de vie intime mais pas plus.

Magda vient de Yougoslavie, elle gère le rayon haute couture ce qui lui donne quelques privilèges et cet air un peu hautain vis à vis de ses collègues,  elle est mariée à Stefan et mène une vie bien plus agréable financièrement et culturellement que ses collègues avec qui les relations sont un peu tendues.

Lisa, élève brillante qui attend ses résultats pour entrer à l’université vient bouleverser la vie monotone de tout ce petit monde lorsqu’elle est embauchée pour les fêtes de fin d’année.

On s’attache de suite à ce personnage un peu décalé par rapport aux autres, peut-être parce

  • qu’elle possède une pureté et une innocence que n’ont pas les petites robes noires qui ont déjà un vécu parfois difficile,
  • une vue différente sur la vie, parce qu’elle sort de l’enfance,
  • des valeurs et l’ambition de pouvoir étudier à l’université et dans les années 50 ce n’était pas gagné pour les jeunes filles. A cette époque, les femmes restaient à la maison pour s’occuper des enfants et dépendaient totalement de leurs maris.

Magda va prendre Lisa sous son aile, même si cela semble très surprenant de sa part,  elle va distiller un peu de paillettes dans sa vie et de cette relation on peut d’ores et déjà parler d’amitié même si au début Magda donne l’impression de vouloir s’amuser.

C’est frais, c’est pétillant, et l’on découvre au fil des pages que les personnages sont loin de l’ image que l’on se fait d’eux. J’aime beaucoup l’ambiance de ce grand magasin, les réflexions des unes sur les autres, les pensées négatives, les pointes de jalousie, c’est un vrai condensé de vie et c’est certainement comme cela que tout se passe de nos jours même si maintenant les femmes sont libres et indépendantes.

On ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Madeleine St John et Lisa, et si c’était une histoire vraie ? Bruce Beresford, qui a adapté les petites robes noires au cinéma nous donne quelques pistes à la fin du livre.

J’ai passé un super moment avec cette histoire que j’ai dévorée, une belle découverte, si Babelio n’était pas là je serais certainement passée à côté.

 

EDITIONS : ALBIN MICHEL (sortie prévue le 02 octobre 2019) -275 pages 

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