LES GENS HEUREUX LISENT ET BOIVENT DU CAFE

Agnès Martin-Lugand

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Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors tout se fige en elle, à l’exception de son coeur qui continue de battre.

Obstinément, douloureusement, inutilement. Egarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

« Ils étaient partis en chuchotant dans l’escalier, j’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant, je m’étais dit que je voulais être avec eux » 

Ainsi commence la douloureuse histoire de Diane qui, suite au décès de Colin son mari et Clara sa petite fille, est totalement anéantie et n’arrive pas à refaire surface. Agnès Martin-Lugand nous décrit, presque sur la pointe des pieds et avec douceur,  le deuil d’une épouse et d’une mère, l’absence de l’autre,  la douleur indescriptible qui oppresse et s’apparente à une mort lente.

Diane s’enferme des mois durant dans son appartement rempli de souvenirs, elle s’alimente peu, elle fume, dort et se berce de ses souvenirs, quand Colin et Clara étaient encore là et que la vie était si belle. Elle est propriétaire d’un petit café littéraire « les gens heureux lisent et boivent du café » qu’elle délaisse totalement, heureusement son meilleur ami Félix est là pour faire tourner la petite entreprise, il est toujours là pour Diane aussi, il tente de la ramener dans la vraie vie, il est omniprésent mais tout est si compliqué.

Un soir, Diane décide de quitter Paris, fuir ailleurs pour avoir la tranquillité de se laisser aller encore plus ou peut-être tenter de se reconstruire. Elle choisit l’Irlande, un lieu que Colin voulait visiter avec elle mais le projet ne s’était pas concrétisé. Elle n’a jamais voyagé seule, d’ailleurs elle ne sait pas vivre seule mais l’aventure ne lui fait pas peur et elle n’a absolument plus rien à perdre puisqu’ elle a déjà tout perdu !

Son point de chute s’appelle Mulranny, un joli petit village en bordure de mer où elle a loué un cottage à Abby et Jack, des gens très chaleureux qui bien vite deviendront sa deuxième famille.

Diane réapprend à vivre, du moins elle essaie, au début c’est laborieux mais lorsqu’elle fait la connaissance d’Edward on se dit qu’on entrevoit une petite lumière au bout du tunnel. Les débuts sont chaotiques, Edward est une sorte de mufle au regard perçant qui rigole quand il se brûle et qui parle peu. Diane le déteste, il faudra pourtant le supporter puisqu’il habite le cottage voisin et qu’il est le neveu d’Abby et Jack.

Lentement mais surement les progrès sont là, Diane s’autorise enfin à sourire et à profiter à nouveau de la vie. Elle trouve une nouvelle  famille en Abby et Jack et elle fait la connaissance de Judith, la soeur d’Edward avec qui elle accroche tout de suite et qu’elle considère désormais un peu comme sa soeur.

Elle se rapproche d’Edward aussi et se rend compte de sa sensibilité, il n’est pas le mufle que l’on croit, la vie ne l’a pas épargné lui non plus. Ce garçon veut juste se protéger. Ils partent quelques jours ensemble dans une île et semblent désormais heureux tous les deux. On respire, la vie reprend son cours mais il ne faut parfois pas grand chose pour qu’elle bascule à nouveau. Un soir, Diane découvre une femme qui se dit être l’épouse d’Edward, dès lors elle n’a qu’une envie, rentrer chez elle à Paris pour fuir de nouveau.

Ils n’arrivent pas à se parler avec Edward et c’est à contre coeur mais n’ayant pas d’autre choix que Diane rentre à Paris et cette fois elle est bien décidée à ne pas se laisser aller et à reprendre sa vie en main. Ca commencera par son café littéraire qu’elle a trop longtemps abandonné.

J’aime bien la plume d’Agnès Martin-Lugand, c’est précis et concis, avec des mots bien choisis et de belles émotions. Du suspens aussi, l’auteure aime faire traîner les choses et nous prouver que rien n’est jamais acquis, qu’il faut parfois se battre pour obtenir ce que l’on veut. L’amour c’est fragile, il suffit de peu pour que parfois tout s’écroule. Malgré la tristesse, Agnès Martin-Lugand arrive à nous faire sourire et ça fait du bien.

J’ai passé un bon moment avec ce livre dont j’ai de suite entamé la suite « La vie est facile ne t’en fais pas », je viens d’ailleurs de le terminer et je le trouve encore meilleur que celui-ci, encore plus riche en émotions mais chut…. j’en parlerai dans le prochain résumé.

EDITIONS : MICHEL LAFON – ISBN 9 782749 919980 6 – Juin 2016 – 253 pages 

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