ON REGRETTERA PLUS TARD

AGNES LEDIG

On-regrettera-plus-tard

Par une nuit d’orage estival dantesque, de violents coups sont frappés à la porte de Valentine, l’institutrice du village. Sur le perron elle découvre un homme trempé, une fillette endormie dans les bras, brûlante de fièvre. Il lui faut de l’aide, que Valentine va lui offrir acceptant spontanément la troublante intrusion. Eric et Anna-Nina, sa fille de 7 ans y resteront le temps que l’enfant se rétablisse.

Il y a des destins que l’on croit tout tracés, mais il suffit parfois d’un seul éclair pour les faire basculer. Les chemins de l’existence et du coeur sont imprévisibles….

Second livre de cette auteure et je suis déjà en train d’enchaîner avec un troisième parce qu’Agnès Ledig elle fait du bien, d’ailleurs s’il fallait lui décerner un prix, je lui attribuerai celui du « livre bonheur » parce que c’est exactement ça, elle distille de la joie entre les lignes et même si parfois l’histoire est triste et qu’on est au bord des larmes, il y a toujours cette petite étincelle d’espoir qui nous ramène à la vie.

Dans ce roman on suit l’histoire d’Eric, papa veuf qui élève sa petite fille Anna-Nina et qui a choisi de fuir la société et ses turbulences,  il traverse la vie en roulotte, et ce duo père/fille est tellement fusionnel qu’il ne semble former qu’un. Eric est d’abord un papa très attentionné avant d’endosser ensuite le rôle de la mère, de l’ami, de l’instituteur.

Un soir de violent orage, alors que la roulotte est éventrée et que la petite Anna-Nina lutte contre une forte fièvre, il frappe à la première porte pour demander de l’aide et c’est Valentine, l’institutrice du village  qui l’accueille et lui propose de rester le temps que la petite se rétablisse et que la roulotte soit réparée.

Quel étrange binôme que ces deux là, Valentine est célibataire, elle ne garde jamais un homme, elle a peur de s’engager, quand elle commence à s’attacher elle fuit. Eric vit dans le souvenir de sa femme, depuis son décès il n’y en a pas eu d’autre, il refuse de s’ancrer quelque part et préfère parcourir les routes avec sa petite fille mais pourra t’il toujours le faire ? la petite n’aurait-elle pas besoin d’un peu de stabilité, d’une vie sociale, d’une touche féminine dans sa vie….

Le livre d’Agnès Ludig nous livre toutes les réponses et bien plus. C’est un concentré d’amour à l’état brut. On ne peut qu’être sous le charme des personnages qui sont tous aussi attachants les uns que les autres et qui n’ont pas été épargnés par la vie.

Eric est éteint de l’intérieur, sa femme est décédée en donnant naissance à Anna-Nina, il fuit constamment, son seul repère c’est cette petite fille qu’il chérit plus que tout, sa seule maison c’est cette roulotte tractée par deux chevaux.

Valentine est en fuite elle aussi, elle fuit l’amour, elle a peur de s’attacher,  parce qu’en amour on est forcément déçu et qu’elle ne veut pas faire de concessions.

 Il y a Gustave, voisin et ami de Valentine qui a passé sa vie à attendre quelque chose qui n’est jamais venu, le mal d’amour il a connu lui aussi, il s’est construit avec. Enfin il y a Gaël, l’ami de toujours, l’âme soeur, l’alter égo de Valentine qui est en peine de coeur, perdu entre sa femme qu’il aime et une autre femme qu’il voudrait pouvoir aimer aussi.

Le trait d’union de tous ces personnages c’est Anna-Nina, une fillette bien dans ses basket, vive et intelligente, qui a réussi à grandir et s’épanouir malgré l’absence d’une maman. S’installer chez Valentine dans une vraie maison, aller dans une école et se faire des camarades, cuisiner, apprendre la poterie et vivre en ayant l’impression d’avoir enfin une maman qui lui fait des tresses ça chamboule et ça donne des envies de se poser, d’arrêter d’arpenter les routes et de pouvoir enfin vivre comme les autres enfants.

L’histoire se déroule doucement, comme un ruisseau qui chantonne entre des petits cailloux et c’est agréable, c’est frais et limpide même si les coeurs sont tourmentés et mis à rude épreuve et qu’il y a beaucoup d’interrogations et parfois de frustrations.  Agnès Ledig nous laisse parfois au bord des larmes mais elle a cette sincérité et cette fluidité dans l’écriture qui nous transportent haut, très très haut….

Quelle belle histoire, une magnifique recette à base de tendresse, de douceur, d’amour, énormément d’amour, une recette dont seule Agnès Ledig semble avoir le secret et c’est tellement bon qu’on en redemande.

EDITIONS : ALBIN MICHEL 2016 – POCKET Septembre 2017

ISBN 978-2-266-27001-4   – 308 pages 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s