BEL AMI

GUY DE MAUPASSANT

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C’est une  très vieille édition qui date de plus de 50 ans que j’ai retrouvée dans la bibliothèque de mes parents. Le livre est en cuir et a été édité par les Editions Rencontre avec l’autorisation des éditions Albin Michel. IL n’y a ni ISBN ni date d’impression. Dans les chapitres on retrouve des gravures de Ferdinand Bac et il est préfacé par Gilbert Sigaux. Les feuilles sont épaisses et jaunies par le temps certainement mais ça ne change rien à la qualité du roman que j’ai dévoré. J’ai choisi Folio Classique pour l’illustrer, j’aurai pu prendre une toute autre image….. 

J’avais lu Bel Ami dans ma jeunesse, en ce moment j’ai envie de redécouvrir les classiques parce qu’il me semble que je les apprécie beaucoup plus, certainement parce que je les aborde d’une façon totalement différente et peut-être plus réfléchie.

Quel plaisir de me replonger dans l’histoire de Georges Duroy, alias Bel-Ami et surtout de redécouvrir ce style d’écriture d’un autre temps et qui me plait tant.

Au départ on est attendri par ce personnage, un emploi médiocre dans les chemins de fer et des conditions de vie précaires, des fins de mois très difficiles et pas un seul ami. On a envie de l’aider à s’en sortir, comme si finalement il ne méritait pas cette vie qui lui est donnée. Sa rencontre fortuite avec Forestier, -ancien copain de garnison qui occupe un poste important dans un journal-,  pourrait bien tout faire basculer et changer le destin de Duroy puisqu’il lui propose de travailler avec lui. Il faudrait toutefois que Duroy soit capable de s’adapter.

Evidemment qu’il est capable de s’adapter le gredin et il le fait tellement bien qu’on est totalement dupés. Si au départ on a de l’empathie et un peu d’admiration  pour cet homme qui veut absolument sortir de cette misère dans laquelle il est plongé et qui est plein d’ambition (après tout l’ambition si elle est bien dosée n’est-elle pas une qualité ? ) au fil des chapitres force est de constater qu’on a plus du tout le même regard sur ce bel ami qu’on portait aux nues.

Doucement mais surement et avec habilité, Guy de Maupassant nous dresse un portrait ambigu et peu flatteur de ce personnage opportuniste  et nous fait côtoyer ses démons.

Georges Duroy n’est finalement qu’un arriviste, avide de pouvoir et d’argent, prêt à tout pour gravir les sommets. Son atout premier est son physique avantageux dont il se sert savamment, ses moyens d’y arriver sont les femmes qu’il devra séduire pour parvenir à son but.

Tout au long du livre on assiste à son ascension, doucement mais sûrement,  Duroy apprend d’abord et  pose ses jalons sans que personne ne vienne jamais entraver sa marche vers les sommets. On se dit que ça va être compliqué parce que ses premiers pas dans le journalisme ne sont pas bien concluants. Mais Duroy sait parfaitement s’entourer il est habile et sournois, manipulateur et malin, beau parleur il sait se faire apprécier, il est toujours là au bon moment et au bon endroit.

Il choisit ses conquêtes féminines pas parce qu’il les aime mais par ce qu’elles peuvent lui apporter, elles sont en général riches et proches du pouvoir.  Il est reçu dans les salons, fréquente le beau monde parisien, il veut conquérir de plus en plus, être connu et reconnu et gare à celui qui voudrait l’en empêcher !!

Il est à noter que ce personnage tombe bien vite amoureux dès qu’il s’agit d’en tirer profit et là non plus rien ne l’arrête, une femme jeune ou moins jeune, une épouse, une fille de, une maîtresse,  l’auteur nous dresse de jolis portraits de femmes toutes différentes les unes des autres, dont certaines sont réellement attachantes et amoureuses de cet homme si vil.

Je me délecte des descriptions des personnages et des lieux, j’ai l’impression de déambuler  dans ce roman et de retourner dans ce passé que je ne connais que grâce aux livres et à l’histoire, parmi tous ces personnages qui ne manquent pas d’intérêt.

Le côté immoral de Duroy peut nous heurter, il a du en chiffonner plus d’un quand ce livre a été édité en 1885, pourtant le thème du roman est toujours d’actualité, le pouvoir, le succès et l’argent, les façons d’y arriver, tout cela ne se démode jamais. Des bel-ami en jupons ou pantalons il y en a toujours eu quelles que soient les époques, Guy de Maupassant était déjà, à cette époque, dans la réalité.

Si l’on souhaite trouver ne serait-ce qu’une once de qualité à ce Bel-Ami,  il est indéniable que c’est son attachement pour Madame de Marelle sa maîtresse, toujours là pour lui, malgré ce qu’elle a subi. Finalement on se dit que celle là il l’aime véritablement et qu’il n’est peut-être pas si perverti. On peut aussi admirer sa persévérance pour atteindre son but, bien que l’on déteste sa façon d’y arriver.

L’apothéose est pour la fin du livre que je ne vous révélerai pas afin de ménager la surprise, si toutefois, on peut l’appeler comme cela.

j’ai pris un réel plaisir à relire ce roman, j’ai l’intention de continuer à relire des classiques de temps en temps, il y en plein dans la bibliothèque de mes parents !!

 

 

 

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